• Accueil
  • Rechercher
  • A-
  • A
  • A+
Champagne sur Seine
Bandeau inférieur

Notre ville/Histoire & Patrimoine/Histoire

Histoire

Boucle de la SeineLa ville de Champagne-sur-Seine se situe dans une boucle de la Seine. Niché autour de l’église, le bourg se situait dans la plaine, adossé au coteau boisé. Il semble qu’au XIIe siècle, après une période mouvementée, un temps de paix s’installa, propice au déboisement. Le lieu « Campani », correspondant à notre ville apparaît en 1176. Le territoire de Champagne était partagé, au Moyen-Âge entre deux abbayes et un seigneur.

La présence des deux abbayes permet le défrichement, la mise en culture de quelques arpents sur le coteau. Il nous reste de cette époque quelques noms de lieu ou de chemin : chemin des vaches, rue des pressoirs du Roi, vaine pâture, …

Le village de Champagne-les-Moret (premier nom de notre ville en 1385) fut pendant quelques siècles un petit village briard vivant de culture. D’abord plantés sur les pentes de l’actuel quartier des Poiriers, les vignobles s’étendirent ensuite quartier des « Pleins Paniers », puis vers les terres bordant la Seine. En 1685 un pressoir fut édifié, les Champenois devant y faire presser leurs récoltes de pommes et de raisin et s’acquitter ainsi d’un impôt auprès du propriétaire (les moines de Barbeau, puis le sire de Graville). La révolution rendit à une vingtaine de Champenois la propriété de cet outil de travail. 

A la fin du XVIIIe siècle, les vignerons de Champagne (sous l’impulsion des Thomeryons) diversifient leur production avec le chasselas, raisin de table. Des murs à vigne furent édifiés, des chambres à raisin furent installées dans les maisons afin de conserver les grappes jusqu’à la Noël. Elles étaient acheminées vers Paris pour y être vendues.

Mais à la fin du XIXe siècle, les maladies, le froid, la pluie réduisent le vignoble de plus de la moitié. En 1900, Champagne compte 200 maisons, 605 habitants.
Dans ces mêmes années, se construit le chemin de fer (Paris – Lyon – Marseille) qui marque la bascule du petit village viticole vers la ville industrielle du XXe siècle.

Entreprise Schneider &Cie du CreusotZoomA cette époque, l’entreprise Schneider & Cie du Creusot, grand métallurgiste français, s’intéresse à l’énergie de l’avenir, à l’origine de la « deuxième révolution industrielle » : l’électricité. Les fabrications de matériel électrique manquent de place au Creusot. Le site de Champagne présente de nombreux avantages : la proximité de Paris (équipement du Métro, et possibilité de venir réparer rapidement), connexion directe avec Le Creusot par le P.L.M., vaste terrain disponible entre la Seine et la voie ferrée, isolement par rapport à la population ouvrière revendicative de la banlieue parisienne. Un projet d’envergure est alors réalisé : la construction de l’usine (9 500 m²) par l’architecte Paul Friesé et la réalisation d’un ensemble de logements, commerces, services pour accueillir et faire vivre les salariés de l’usine. L’usine est prête à fonctionner en 1903. La société Schneider provoque « l’exode » de trois cents salariés creusotins, personnels qualifiés. Elle recrute sur place, dès la première année, deux cents soixante agents. L’entreprise Schneider applique à son personnel un système social progressiste (mutuelle, dispensaire, coopérative d’achat, jardin familial…).
Après la révolution russe, quelques centaines de russes exilés trouvent à Champagne un lieu qui les accueille en leur fournissant un travail dans cette usine.
Les premières productions de l’usine sont essentiellement du matériel électrique d’importance pour les diverses industries et les centrales électriques. L’entreprise Schneider participe à l’effort de guerre entre 1914 et 1918 (fabrication d’obus). La société, pour des raisons de stratégie de développement, s’alliera à deux reprises à des partenaires : en 1929 avec une entreprise américaine pour devenir « Le matériel électrique Schneider – Westhinghouse et en 1964 avec le groupe Empain pour devenir Jeumont-Schneider. Les productions se diversifirent : la période de SW est à la fois celle de la fabrication de gros matériel, fierté des salariés (alternateurs de la centrale hydraulique de Génissiat, alternateur de 600 MW pour la centrale thermique de Porcheville), celle de la fabrication de moteurs pour les locomotives (record mondial de vitesse sur rail avec la BB 9004) et du début de l’électronique de puissance (Ignitrons). La période Jeumont-Schneider voit se poursuivre la fabrication de machines tournantes moyennes, alors que se développe l’électronique de puissance (électrification de réseaux de chemin de fer et de métro dans le monde entier) et le lancement dans la téléphonie et les circuits imprimés.
Mais à partir de 1983, l’activité de l’usine ralentit et l’effectif de 2 644 salariés se réduit. En 1989, c’est l’arrêt de l’activité de Jeumont-Schneider sur le site de Champagne. C’est une crise sociale importante pour la ville. Depuis, des entreprises (PME) se sont installées sur le site géré en partie par la communauté de communes.

La libération de Champagne en août 1945 - Le monument Travers

ZoomPourquoi ce monument ? Le 25 août 1944, Jean Travers, âgé seulement de 19 ans, fut mortellement blessé par les Allemands en bordure de Seine à Champagne-sur-Seine. Jean Travers était depuis 3 ans déjà entré dans la Résistance avec quelques amis et il venait de participer à la libération d'une grande partie de Thomery, alors que Champagne était toujours occupé par les Allemands. Le 23 août, le pont entre Thomery et Champagne saute. Les Américains sont à Thomery le 24 août et tirent sur la batterie de 77 qui se trouve à la lisière des bois de Champagne. Les Américains qui veulent la détruire demandent à Jean Travers et à ses amis de prtéger la passerelle. La passerelle de l'aqueduc est très conséquente puisqu'elle supporte les canalisations d'eau potable qui alimentent la ville de Paris. Il est facile d'imaginer ce que cette destruction aurait engendré. Jean Travers et ses camarades traversent la Seine dans une barque pour défendre l'aqueduc contre les Allemands. C'est là qu'il est abattu "comme un lapin" précises son frère. Pour son courage et son dévouement, M. Jean Travers a été décoré à titre posthume, de la Croix de Guerre avec citation, en août 1945 par le Général de Gaulle. C'est pour lui rendre hommage, que chaque année le 25 août, M. François Roger Maire de Champagne, entouré de nombreuses personnalités viennent se recueillir et déposer une gerbe de fleurs sur la stèle du souvenir. Il est de notre devoir que ces actes de courage qui ont oeuvré à libérer la France ne soient jamais oubliés.